La voiture qui vole, moteur des fantasmes routiers

C’est une solution radicale pour lutter contre les embouteillages qui pourrissent la vie des riverains dans les grandes agglomérations : la voiture qui vole permettrait de survoler les bouchons plutôt que de rester coincé dedans. Ce désir, qui a depuis toujours nourri la science-fiction, est-il pour autant condamné au fantasme ? Verra-t-on bientôt des mégalopoles aux cieux saturés de véhicules flottants ? Autant vous prévenir : ce n’est pas pour demain.

La voiture qui vole, n’est-ce pas un avion qui roule ?

L’idée d’un véhicule sans pilote vous fait rêver ? Alors, le concept d’une voiture qui vole devrait vous fasciner. Ce vieux fantasme réservé aux films de science-fiction est en réalité testé depuis des décennies, et défendu par des constructeurs un peu barjots qui restent persuadés qu’un jour, vous et moi pourrons garer notre auto sur la piste d’atterrissage en bordure de la maison.

En 2014, des essais ont été menés par Aeromobil, une firme installée en Slovaquie qui veut absolument nous envoyer conduire en l’air. Autonomie de 700 km, pointes à 200 km/h dans les airs, ailes de 6 mètres d’envergure… On est plus proche du petit avion de tourisme que de la DS de Fantômas dans le film, néanmoins, l’idée de rouler sur les nuages se fait décidément plus précise.

D’autres inventeurs de génie (ou fous à lier, à vous de choisir) ont tenté l’aventure. Le Toulousain Michel Aguilar a lancé son Xplorair, capable de décoller à la verticale à la façon d’un hélicoptère. Et à propos d’hélico, la société Terrafugia en a pris les hélices pour les installer sur sa voiture qui vole, une auto pouvant atteindre une vitesse de croisière de 320 km/h.

Vous voulez rêver un peu ? Jetez un œil à cette vidéo d’essai de l’Aeromobil :

Ces merveilleux fous volants dans leurs drôles de machines

Bien sûr, nul besoin de s’y connaître en automobile pour envisager tous les bienfaits que l’on pourrait tirer d’une voiture qui vole. Qui n’a pas imaginé que son véhicule puisse s’envoler au-dessus de ces satanés bouchons qui lui pourrissent ? Plus le problème de la mobilité s’aggrave dans les agglomérations, plus le fantasme de l’auto ailée perdure.

Les têtes brûlées n’ont toutefois pas attendu que les routes s’engorgent pour prendre le taureau par les cornes. Dès 1917, le prototype d’avion-automobile de Glenn Curtis a tenté de s’arracher au bitume… sans succès. Celui de René Tampier, en 1921, était tellement ingénieux (le pilote n’avait qu’à se retourner pour adopter la route ou les cieux) qu’il a terminé son existence dans un musée.

Et puisqu’il serait trop long de détailler tous les essais de ce type qui ont été menés jusqu’à la Vespa 400 de Robert Lebouder en 1973, une voiture qui s’emboîtait dans un avion, je vous renvoie à cet article chronologique sur la question.

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Gros avantages, mais petits tracas

Pour connaître le point commun entre tous ces véhicules, il suffit de regarder quelques images et d’en tirer un constat : la voiture qui vole n’est autre chose, la plupart du temps, qu’une sorte d’avion qui roule. De sorte qu’avant d’imaginer un modèle viable d’auto-oiseau, encore faut-il réfléchir à la façon dont l’automobiliste pourrait décoller… et atterrir !

Il serait dommage, en effet, de devoir prendre sa voiture classique pour se rendre à l’aéroport et monter à bord de son appareil ailé. Quel intérêt ? C’est ce tracas lié aux infrastructures – et à la formation qui en découlerait – qui s’avère être le principal obstacle à une voiture qui vole, aux yeux d’Elon Musk, le patron de Tesla et de SpaceX.

Faudra-t-il tracer des pistes dans chaque ville ? Créer des institutions qui s’occuperont de réguler le trafic aérien des voitures ? Engager des sémaphores de parking ? Passer un permis de conduire qui stipulera « autorisation de voler » sur l’un des volets ? Autant de raisons qui font qu’il serait malavisé, pour l’instant, d’investir en bourse dans la voiture qui vole.

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La voiture volante reste sur le plancher des vaches

Pour le moment, du moins. Les visionnaires ont beau avoir prédit son avènement, tel Henry Ford en 1940 affirmant qu’une combinaison entre l’avion et l’automobile verrait le jour (il n’a pas précisé quand : ces diseurs de bonne aventure prenaient décidément peu de risques), la voiture qui vole, ce n’est pas encore pour demain.

En attendant qu’un projet réellement viable se fasse jour, je vous invite à tourner les pages de ce merveilleux livre écrit par Patrick J. Gyger, Les voitures volantes : souvenirs d’un futur rêvé, dont vous pourrez lire quelques détails sur cette page. Un ouvrage saisissant, passionnant, grandiloquent, sur ces types qui ont essayé de faire voler des véhicules. Et dont la folie carburait visiblement à l’essence !

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